Les différents organes du cheval fonctionnent en synergie et s'influencent soit directement par le biais des muscles, ligaments, articulations; soit indirectement par le biais des nerfs, du sang ou du métabolisme.
Comme le cheval est un animal qui respire exclusivement par le nez et ne peut le faire par la bouche, il peut, soit respirer profondément (pour l'exercice) soit manger, mais il ne peut pas faire les deux en même temps et le bon fonctionnement de son pharynx est essentiel à sa survie. lorsqu'un cheval prends quelque chose dans sa bouche, c'est en général de la nourriture. S'alimenter est l'activité principale de cet animal à l'estomac de petite taille et elle nécessite des périodes de repos, une sensation de sécurité, et une activité physique réduite. C'est pourquoi les chevaux ne mangent pas (et ne prennent rien dans leur bouche) lorsqu'ils se sentent en danger, sont effrayés ou se déplacent rapidement.
Lorsqu'un cheval court ou fait des efforts physiques soutenus, son métabolisme musculaire demande une quantité importante d'oxygène. Les voies respiratoires doivent être alors le plus dégagées possible, l'encolure vers l'avant, le larynx complètement ouvert (contrairement à lorsqu'il s'alimente) et la courbure de la trachée plus rectiligne à hauteur de poitrail. Différents muscles agissent sur les cartilages laryngiens afin d'ouvrir le voile du palais. L'air inspiré doit de la même façon être expulsé. Des voies respiratoires rétrécies (par la présence d'un mors dans la bouche et une position d'encolure repliée) et l'air chargé en gaz carbonique reste dans la trachée-artère se mélangeant avec l'air frais. Après un certain temps, l'air se trouvant dans les poumons contiendra de moins en moins d'oxygène et affectera ainsi le métabolisme entier du cheval.
En résumé le mors met le cheval dans une situation conflictuelle. Il ne sait plus s'il doit ouvrir ou fermer ses voies respiratoires. Le mors et la flexion de la nuque rétrécissent le passage de l'air et diminuent ainsi l'apport en oxygène dans le sang. en conséquence sur le métabolisme du cheval, l'emploi du mors entraîne une acidose, des risques d'hémorragie pulmonaire, un travail musculaire supplémentaire, cela fragilise le cheval, surcharge son organisme et le fait vieillir prématurément...
Par ailleurs, les différents mors peuvent être de réels instruments de torture. On inflige de la douleur au cheval afin qu'il obéisse. Le cheval va essayer d'éviter la douleur, pour cela il a plusieurs possibilités: il peut essayer de repousser le mors avec sa langue, ce qui provoque une forte salivation. Afin d'éviter la douleur sur les gencives, il peut le faire glisser sur ses molaires et accélérer leur usure, mettre sa tête vers le haut et se creuser le dos (ce qui est dangereux pour son dos qui porte la charge du cavalier) ou s'encapuchonner en rentrant sa tête vers son poitrail, ce qui réduit encore les voies respiratoires et limite son champs de vision.
En conséquences de ces positions anormales, en plus de mettre le cavalier en danger, le mors peut provoquer des névralgies faciales, une usure rapide et anormale des dents, des tics comme le headshaking (cheval qui secoue sans cesse la tête) et des bavures osseuses.
Laetitia Valente.
inspiré des travaux du docteur vétérinaire Cook
